UCCS : une unité de recherche au service de la transition énergétique et environnementale
Entre les paillasses et les instruments de mesure, des silhouettes en blouse s’affairent dans les laboratoires de l’Unité de Catalyse et Chimie du Solide (UCCS)1 ainsi que dans ceux de l’Institut Michel-Eugène Chevreul (IMEC), avec qui elle partage et co-pilote plusieurs équipements scientifiques. Cette immersion, centrée sur quelques pôles parmi les nombreuses expertises du laboratoire, avait pour objectif de découvrir ou redécouvrir certains de ses espaces techniques moins visibles du grand public mais essentiels au fonctionnement de l’unité. Chercheurs, ingénieurs et doctorants y conçoivent de nouveaux matériaux pour répondre aux défis énergétiques et environnementaux de demain.
L’intelligence de la matière
Avec ses 240 membres, dont 15 chercheurs CNRS, 88 enseignants-chercheurs des Universités de Lille et d’Artois et de Centrale Lille, 47 personnels d’appui à la recherche et près d’une centaine de doctorants, l’UCCS est une véritable ruche scientifique. Les activités se répartissent en trois départements : catalyse et chimie moléculaire, catalyse hétérogène et chimie du solide. Toutes concourent à une même vision : une chimie durable, au service de la transition énergétique et environnementale. Les activités de recherche menées au sein du laboratoire sont majeures, tant par leur portée scientifique que par leur contribution aux enjeux industriels et sociétaux. Elles s’appuient sur des outils de haute performance, qui permettent aux équipes d’explorer des mécanismes complexes, de développer des matériaux innovants et de proposer des solutions pour la chimie de demain.
Dans la salle RMN : voir l’invisible
Derrière une vitre, un cylindre d’acier trône au centre, imposant.
Cet instrument, unique en France, a nécessité plus de dix ans de développement en partenariat avec l’entreprise Bruker. Il fait partie de l’infrastructure nationale Infranalytics, coordonnée par CNRS Chimie.
Derrière la matière : le regard du D2RX
Un peu plus loin, dans les locaux de l’Institut Michel Eugène Chevreul (IMEC), les appareils de diffraction des rayons X déroulent leurs analyses silencieuses.
REALCAT et UPCAT : à pleine vitesse
Dans une autre aile du bâtiment, l’atmosphère change : les tables en inox et les bras articulés d’un robot s’activent. La chimie s’y fait à grande vitesse. Ici, tout est pensé pour aller plus vite, plus loin. Soixante-dix projets sont menés chaque année, à parts égales entre partenaires industriels et académiques.
Sébastien Paul cite un projet emblématique : MethanCat, un catalyseur capable d’hydrogéner directement le CO₂ du biogaz sans le séparer. On est en plein dans la stratégie de l’énergie décarbonée, avec un brevet déjà déposé.
Du laboratoire à la société
Des pôles de caractérisation de haute technicité aux savoir-faire en synthèse de molécules et de matériaux, l’UCCS illustre une chimie collective alliant recherche fondamentale de haut niveau et innovations pleinement orientées vers les besoins de l’industrie. Ses collaborations avec Orano ou Framatome dans le domaine du nucléaire, SEGULA Technologies pour le transport maritime, ou encore la startup Voltify issue du laboratoire, montrent une recherche étroitement connectée au monde industriel.
Rédacteur : SY
Notes :
[1] laboratoire Centrale Lille/CNRS/Université d’Artois/Université de Lille