Thérapies à ARN : un nouveau soutien de France 2030 au partenariat entre CNRS Chimie et Neovacs

Innovation

Comment transporter l’ARN jusqu’aux cellules tout en limitant les effets indésirables ? C’est le défi auquel s’attelle Nathalie Mignet directrice de l’Unité des technologies chimiques et biologiques pour la santé (UTCBS). Avec son équipe, elle conçoit de nouveaux lipides destinés à améliorer le transport de l’ARN dans les cellules, en collaboration avec la société Neovacs, spécialisée dans les maladies inflammatoires chroniques. Une collaboration qui bénéficie aujourd’hui d’un nouveau soutien dans le cadre de France 2030, avec l’ambition de renforcer durablement le partenariat entre recherche publique et privée.

« Nous avons proposé de concevoir de nouveaux lipides qui seraient non inflammatoires. »
Nathalie Mignet, Directrice de l’Unité des technologies chimiques et biologiques pour la santé (UTCBS)

Les nanoparticules lipidiques (LNPs) jouent un rôle essentiel dans la délivrance de l’ARN messager. Rendue célèbre par les vaccins contre la Covid-19, cette technologie permet de faire entrer l’ARN dans les cellules grâce à un système de transport adapté. Mais les lipides actuellement utilisés peuvent provoquer des réactions inflammatoires.

Dans le cadre de cette collaboration, l’expertise de l’UTCBS en conception et synthèse de lipides et en délivrance d’acides nucléiques est mobilisée pour la recherche de nouveaux vecteurs, notamment pour des applications dans les maladies auto-immunes, où des administrations répétées pourraient être nécessaires.

Une collaboration au service de l’innovation

Le partenariat avec Neovacs repose sur la complémentarité des chercheurs du CNRS et de l’entreprise. Les deux acteurs mettent en commun leurs méthodes et leurs savoir-faire afin de construire des données de qualité pour préparer leur transfert vers des applications thérapeutiques. 

« Cette approche marque un changement de paradigme par rapport à ce qui est proposé jusqu’à présent et peut avoir des impacts pour un large éventail de maladies inflammatoires, incluant les maladies auto-immunes et les cancers ».
Neovacs

Cette collaboration a déjà conduit à un dépôt de brevet, première étape pour protéger et valoriser les travaux réalisés. À terme, l’objectif est notamment de valider la synthèse de ces nouveaux lipides à plus grande échelle, avec la perspective d’aller vers un essai clinique.

« C’est un donnant-donnant que je trouve très intéressant. »
Nathalie Mignet, Directrice de l’Unité des technologies chimiques et biologiques pour la santé (UTCBS)

Pour Nathalie Mignet, cette collaboration illustre ainsi tout l’intérêt des échanges entre recherche académique et privée : « Le laboratoire apporte son expertise scientifique, tandis que l’entreprise joue un rôle clé dans la valorisation des résultats et à leur développement vers un potentiel thérapeutique. »

Renforcer l’expertise française

Pour la directrice du laboratoire, l’enjeu dépasse également le seul cadre du projet scientifique. Il s’agit de contribuer au développement en France d’une véritable expertise autour des nanoparticules lipidiques et de la délivrance de l’ARN.

L’UTCBS et Neovacs participent notamment à la création d’un réseau national autour des LNPs, avec l’objectif de renforcer les capacités françaises dans ce domaine et de favoriser l’émergence de nouvelles solutions thérapeutiques.

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Communication CNRS Chimie