CNRS Chimie accueille Shigeru Yamago en tant qu’ambassadeur des sciences chimiques

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Le 29 septembre 2026, Shigeru Yamago, professeur à l’Institut de recherche en chimie de l’Université de Kyoto, entamera une série de conférences dans plusieurs laboratoires du CNRS en France, en tant qu’ambassadeur des sciences chimiques. Son équipe développe de nouvelles méthodes de synthèse organique et des polymères afin de créer des (macro)molécules à la structure contrôlée. Ses travaux portent notamment sur la polymérisation radicalaire contrôlée par les composés organotellurés (TERP), les polymères hyperbranchés dendritiques et les molécules π-conjuguées cycliques. L’objectif est de comprendre comment l’architecture moléculaire gouverne les propriétés.

Qu’est-ce qui vous a conduit de la chimie organique et organométallique à la synthèse de précision des polymères ?

La devise de mon équipe de recherche est : « Créons une molécule qui brille ! ». J’entends par là, non pas une molécule qui émet de la lumière, mais bien une molécule dont nous pouvons être fiers d’avoir réalisé la synthèse. Nos recherches sont guidées par la curiosité, et j’espère que chaque étudiant et chaque chercheur de mon équipe parviendra à créer sa propre molécule « qui brille ». J’espère également que ces molécules finiront par rayonner non seulement dans les domaines de la chimie et des sciences, mais aussi au sein de la société. Pour atteindre cet objectif, nous nous appuyons sur nos connaissances et notre expertise en chimie organique et organométallique afin de synthétiser les molécules que nous imaginons.

Au cours des cinq à dix prochaines années, peut-on espérer que certaines de ces molécules « qui brillent » donneront naissance à de nouveaux matériaux ou à de nouvelles technologies ?

Les outils de synthèse que nous développons permettent de contrôler avec précision l’architecture des polymères, qu’il s’agisse de polymères linéaires, de polymères hyperbranchés dendritiques, de structures cycliques ou même de molécules π-conjuguées en forme d’anneau. Nous sommes particulièrement contents que notre méthode de synthèse des polymères linéaires ait déjà été mise en œuvre à l’échelle industrielle. Une deuxième usine de production utilisant cette technologie devrait même voir prochainement le jour.

Nos polymères hyperbranchés, qui peuvent être facilement obtenus grâce à des méthodes de synthèse simples, présentent un large éventail de propriétés originales qui les rend particulièrement intéressants pour de futures applications industrielles. En revanche, il n’est pas encore possible de produire facilement en quantités suffisantes nos molécules π-conjuguées cycliques. Ces molécules présentent néanmoins de nombreuses propriétés fascinantes qui, à terme, trouveront je l’espère des applications.

En tant qu’ambassadeur des sciences chimiques du CNRS, qu’attendez-vous tout particulièrement de votre tournée de conférences en France ?

J’ai le sentiment que les scientifiques français se distinguent par leur originalité et leur manière singulière de penser. Je me réjouis donc tout particulièrement de découvrir leurs travaux de recherche et d’échanger avec eux sur des questions scientifiques. J’espère que ces échanges feront émerger de nouvelles idées et de nouvelles pistes de recherche, peut-être même un peu folles, et qu’ils ouvriront ainsi la voie à de nouvelles collaborations internationales.

Sur un plan plus personnel, je suis également un grand amateur de vin et me réjouis à l’idée de faire de belles découvertes aussi dans ce domaine !

Rédactrice : Anne-Valérie Foillard Ruzette 

Contact

Gulnara Le Torrivellec
Chargée d'Affaires Europe & International
Communication CNRS Chimie