CNRS Chimie accueille le professeur Hideki Yorimitsu en tant qu’ambassadeur des sciences chimiques

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Le 12 octobre 2026, Hideki Yorimitsu, professeur au département de chimie de l’Université de Kyoto, entamera une tournée de conférences dans plusieurs laboratoires du CNRS en tant qu’ambassadeur des sciences chimiques en France. Son équipe développe des réactions et des stratégies de synthèse innovantes pour transformer les molécules, en s’appuyant sur la chimie radicalaire, la chimie organométallique, la chimie des hétéroatomes et la catalyse par les métaux de transition.

Vous avez consacré une grande partie de votre carrière à explorer de nouvelles façons de transformer les molécules organiques, de la chimie organométallique et radicalaire à la chimie du soufre, en passant par la chimie en flux et, plus récemment, la modification du squelette moléculaire des composés aromatiques. Qu’est-ce qui vous a initialement attiré vers la synthèse organique et comment votre parcours scientifique vous a-t-il conduit à explorer ces approches inédites de transformation moléculaire ?

Lorsque j’ai découvert à l’université des réactions de chimie organique telles que la réaction de Grignard (une contribution française !), la réaction de Diels-Alder ou encore le réarrangement de Claisen, j’ai été fasciné par leur capacité remarquable à construire des squelettes moléculaires en transformant profondément leur structure.

Au cours de ma carrière, j’ai eu l’occasion de travailler dans des domaines très variés, allant des radiotraceurs pour la tomographie par émission de positons (TEP) à la chimie des porphyrines et des nanocarbones. Tous ces domaines m’ont passionné. Mais ce qui me fascine le plus reste l’infinie diversité des possibilités qu’offre la découverte de nouvelles réactions, susceptibles de révolutionner la synthèse de molécules utiles et, à terme, de bénéficier à la société.

L’une des idées centrales qui se dégagent de vos recherches est qu’il est possible de modifier, voire de « reprogrammer », le squelette moléculaire d’un composé existant, plutôt que de construire une nouvelle molécule entièrement à partir de zéro. Comment cette approche pourrait-elle, au cours des cinq à dix prochaines années, transformer la manière dont les chimistes conçoivent et synthétisent les molécules ?

Lorsque nous avons commencé nos recherches sur la métamorphose des composés aromatiques, il y a plus de dix ans, les transformations des squelettes moléculaires nécessitaient souvent des stratégies de synthèse relativement complexes ou le recours à des espèces organométalliques très réactives. La reprogrammation des squelettes moléculaires devrait permettre de réaliser ces transformations en une seule étape, dans des conditions douces, en convertissant directement des structures moléculaires facilement accessibles en d’autres présentant une plus grande valeur ajoutée. 

Ces métamorphoses moléculaires pourraient ouvrir la voie à des stratégies rétrosynthétiques entièrement nouvelles et plus directes, tout en permettant d’accéder efficacement à des bibliothèques de molécules présentant une grande diversité de squelettes. À terme, elles pourraient ainsi transformer notre manière de concevoir et de synthétiser les molécules.

En tant qu’ambassadeur des sciences chimiques du CNRS, qu’attendez-vous tout particulièrement de votre tournée de conférences en France ?

Je me réjouis tout particulièrement à l’idée de retrouver de vieux amis, de rencontrer de nouveaux collègues, de partager nos travaux de chimie et d’échanger nos idées. Lors de chacune de mes conférences, je présenterai l’un des deux axes de recherche sur lesquels nous travaillons : la métamorphose des composés aromatiques ou la fonctionnalisation des liaisons insaturées par injection d’électrons. Ces deux thématiques illustrent mon intérêt pour l’utilisation de la chimie organométallique afin d’ouvrir de nouvelles perspectives en synthèse organique.

J’espère que ces échanges donneront naissance à de nouvelles collaborations et à de nouvelles avancées en chimie. Je suis également impatient de découvrir de l’intérieur la philosophie et la culture scientifiques propres à la France.

Rédactrice : Anne-Valérie Foillard Ruzette 

Contact

Gulnara Le Torrivellec
Chargée d'Affaires Europe & International
Communication CNRS Chimie