Médaille de Bronze : Cassandre Quinton, à contre-courant des lois moléculaires

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Cassandre Quinton, chargée de recherche CNRS à l’Institut des sciences chimiques de Rennes (ISCR)¹, explore les propriétés singulières des nano-anneaux π-conjugués pour mieux comprendre et contrôler le comportement électronique des molécules. Elle est récompensée par la médaille de bronze du CNRS.

Comment refermer une molécule sur elle-même modifie-t-il ses propriétés optiques ? C’est cette question qui a orienté Cassandre Quinton vers les nano-anneaux π-conjugués. Dans ces molécules circulaires, les électrons sont délocalisés sur toute la structure au profit de comportements surprenants. C’est à l’ISCR, au sein de la première équipe en France à étudier ces structures, qu’elle abandonne les molécules linéaires au cœur de l’électronique organique pour creuser ces ovnis de la chimie.

Ce que j’aime dans ces systèmes, c’est cette part d’imprévu : à chaque synthèse, il y a une surprise
Cassandre Quinton, Chercheuse à l'Institut des sciences chimiques de Rennes (ISCR)

Depuis, Cassandre Quinton ne se contente pas de fabriquer des nano-anneaux : elle les organise à façon pour contrôler leur comportement électronique. Elle joue pour cela sur la variation de briques moléculaires aux rôles opposés, comme le carbazole (donneur d’électrons) et la fluorénone (accepteur). L’enjeu ? Piloter la circulation des électrons dans la molécule et agir sur ses propriétés électroniques et optiques finales. En alternant ces briques, elle s’attendait, par exemple, à obtenir une structure unique lors de la synthèse — mais elle en obtient quatre. Pourquoi ? Comprendre cette imprévisibilité est aujourd’hui au cœur de ses recherches.

Ces questions de structure ne sont pas nouvelles pour Cassandre Quinton. C'est en travaillant sur des nano-anneaux plus classiques qu'elle avait posé un premier jalon applicatif décisif : intégrés dans des diodes organiques phosphorescentes, ils surpassaient leurs équivalents linéaires. Leur forme fermée, sans extrémités génératrices de défauts, favorise un transport de charge plus robuste en trois dimensions — un atout pour les écrans OLED.

Dans ces molécules, modifier un fragment en périphérie de l’anneau, hors du système π-conjugué, peut suffire à changer complètement ses propriétés électroniques 
Cassandre Quinton, Chercheuse à l'Institut des sciences chimiques de Rennes (ISCR)

La chercheuse s'attaque désormais à un nouveau défi : rendre les nano-anneaux hydrosolubles. « Ces anneaux ne font pas qu'émettre de la lumière : ils peuvent aussi emprisonner des molécules. C'est cette double nature que je veux maintenant exploiter », décrit-elle. Conçues pour des environnements organiques, ces molécules doivent être entièrement repensées pour fonctionner dans l'eau sans perdre leurs propriétés optiques. À la clé, des applications en détection de médicaments ou drogues psychoactifs.

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Cassandre Quinton
Institut des sciences chimiques de Rennes
Communication CNRS Chimie