Un projet de start-up sur les batteries soutenu par le programme RISE du CNRS en 2026
Ivette Aguilar fait partie de la promotion 2026 du programme RISE pour son projet de start-up autour d’une batterie nouvelle génération. La post-doctorante au laboratoire Chimie du solide et de l’énergie revient sur son parcours et les perspectives qu’ouvre cette technologie.
« J’ai toujours été passionnée par la chimie et par les défis énergétiques. » C’est donc sans hésiter qu’Ivette Aguilar choisit de débuter sa carrière scientifique au laboratoire Chimie du solide et de l’énergie (CSE)
Ivette Aguilar, elle, s’intéresse aux batteries aqueuses zinc-dioxyde de manganèse (Zn/MnO₂). L’une des électrodes est faite de zinc métallique – le même matériau que l’on retrouve sur de nombreux toits parisiens – tandis que l’autre est composée de dioxyde de manganèse, un minéral utilisé depuis la préhistoire comme pigment dans les peintures rupestres. Les résultats sont rapidement prometteurs. « Dès ma troisième année de doctorat, nous avons constaté que nous tenions une bonne piste d’un point de vue industriel », se remémore la jeune chercheuse. Ces batteries s’inspirent en effet d’une technologie bien connue : les piles AA, mais avec l’objectif de proposer un dispositif rechargeable tout en conservant la même chimie – ce qui n’est pas le cas des piles AA rechargeables disponibles dans le commerce. Avec, à la clé, des applications non pas dans les petits appareils électroménagers, mais dans le stockage de l’énergie à grande échelle. Les batteries Zn/MnO₂ permettraient en effet d’emmagasiner l’électricité excédentaire produite par les énergies renouvelables avant de la restituer dans le réseau lors de pics de consommation. Elles contribueraient ainsi à la résolution d’un problème épineux : la gestion de l’intermittence des énergies vertes.
Transition vers le marché
Fraîchement diplômée, Ivette Aguilar poursuit donc en post-doctorat pour affiner sa preuve de concept, puis dépose un premier brevet en 2023 – suivi de deux autres en 2025. Elle enchaîne avec un dépôt de projet dans le cadre du programme de prématuration du CNRS en 2024, assorti de financements du Réseau pour le stockage électrochimique de l’énergie (RS2E). Ce soutien permet à Ivette Aguilar de monter en TRL
C’est dans ce cadre qu’Ivette Aguilar postule au programme RISE en 2025. Ce dispositif, qui vise à accompagner les projets de start-up dans leur structuration et dans leur recherche de premiers financements, est en effet un outil clé pour initier l’exploitation commerciale de technologies développées au sein des laboratoires du CNRS. La post-doctorante au CSE s’enthousiasme : « J’ai été ravie d’apprendre que j’étais sélectionnée. C’est une grande chance d’être guidée, d’autant plus qu’en tant que chercheuse, s’adresser à des investisseurs requiert un vrai apprentissage. »
Et pour la suite ? « D’un point de vue scientifique, nous avons encore des défis à relever : allonger la durée de vie des batteries et mettre en place leur recyclage, un point essentiel pour n’importe quelle technologie de stockage d’énergie », explique Ivette Aguilar. Côté innovation, 2026 sera une année déterminante : mettre la dernière main au prototype avant la montée en échelle, préparer les levées de fonds d’amorçage de la start-up… Dans un contexte où beaucoup de jeunes pousses des batteries finissent par faire faillite, « le soutien du programme RISE sera particulièrement précieux », conclut la jeune chercheuse, qui a de l’énergie à revendre !
Rédacteur : CD