©Clémence Losfeld
Imprimer

Terres rares et bactéries : les recherches de Katharina Zimmeter récompensées

Distinctions

Post-doctorante au Laboratoire de chimie de coordination de Toulouse, Katharina Zimmeter figure parmi les 35 jeunes scientifiques distinguées par le programme L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science. Ses recherches visent à mieux comprendre le rôle des terres rares dans le fonctionnement de certaines bactéries, à la croisée de la chimie et du vivant.

Pour cette post-doctorante, la passion des sciences est avant tout une histoire de famille. C’est son grand-père qui lui a donné le goût de la découverte. Après des études en pharmacie, en Autriche, son pays d’origine, Katharina Zimmeter a choisi de s’orienter vers la chimie, séduite par la diversité de ses applications.

J'aime bien comprendre comment tout fonctionne et la chimie nous donne des outils pour améliorer le monde, par exemple en santé pour développer des nouveaux médicaments, mais aussi pour le recyclage, et pour trouver des solutions pour les énergies renouvelables. C'est une grande boîte à outils pour construire un avenir plus serein.
Katharina Zimmeter, Post-doctorante au Laboratoire de chimie de coordination de Toulouse et lauréate du prix L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science

Comprendre les interactions entre les terres rares et le vivant

Aujourd'hui, la jeune chercheuse s'intéresse aux interactions entre les terres rares et certaines bactéries. Ces métaux, présents dans de nombreuses technologies du quotidien, jouent également un rôle essentiel dans le fonctionnement de certaines enzymes bactériennes.

Pour mieux comprendre ces mécanismes, Katharina Zimmeter développe des modèles chimiques simplifiés qui reproduisent certaines caractéristiques de ces systèmes biologiques complexes : "J'essaie de reproduire ces enzymes, qu’il faut s’imaginer comme des machines très complexes, par des modèles chimiques plus simples, comme avec des legos, pour étudier leur interaction avec les terres rares pour comprendre le rôle de ces métaux dans le métabolisme des bactéries."

Smartphone, imagerie médicale, et de nombreuses technologies : les terres rares font partie de la composition de nombreux objets du quotidien. L’analyse de ces métaux pourrait aider, à plus long terme, au développement de nouvelles stratégies pour mieux recycler ces matériaux.

Une distinction pour poursuivre ses ambitions scientifiques

Ses études prometteuses réalisées au Laboratoire de chimie de coordination à Toulouse ont conduit la chimiste à recevoir le prix L’Oréal-l’UNESCO Femmes pour la science, le 6 octobre 2026. Sélectionnée parmi 820 candidates toutes disciplines confondues, ce prix récompense l’excellence et la rigueur scientifique de sa jeune carrière.

C'est un grand honneur d'avoir eu ce prix et j’en suis très reconnaissante. La dotation qui accompagne le prix me permettra de participer à des conférences internationales pour me faire connaître un peu plus dans mon domaine de recherche et pour rencontrer des expertes et des experts et interagir avec eux. Donc ça va être très utile pour la suite de ma carrière

Au-delà de la reconnaissance scientifique, cette distinction revêt une dimension particulière pour la jeune chimiste, consciente de l'importance de rendre les femmes scientifiques plus visibles et d'encourager les nouvelles générations.

Je vois aussi une certaine responsabilité d'être un modèle pour les femmes en sciences, les femmes en chimie et d'essayer d'encourager les jeunes filles de poursuivre des parcours scientifiques

Un joli coup de projecteur sur les recherches de Katharina Zimmeter, qui lui ouvrira de nouvelles perspectives pour la suite de son parcours.